L’objectif standard revisité (première partie)
Publié le 13 décembre 2014 dans Articles et dossiers par Volker Gilbert

Une grande luminosité
Jusqu’au milieu des années 1980, l’objectif standard était le premier (et souvent le seul) objectif d’un photographe amateur. Il était alors possible d’en acquérir différentes variantes avec l’appareil photo, dotées d’ouvertures maximales plus ou moins élevées : économiques (f/2, 8 puis f/2), normales (f/1, 7 ou f/1, 8), lumineuses (f/1, 4) et ultra-lumineuses (f/1, 2 ou f/1). Le plus souvent, leur construction optique reposait sur deux formules « classiques » : le Tessar (1902) à quatre lentilles, utilisé pour les objectifs économiques et le Planar (1896), employé pour les autres. S’agissant de formules relativement anciennes et donc libres de droits, elles étaient à même de fournir un piqué convenable pour peu que l’ouverture maximale demeure relativement modeste. Pour aller encore plus loin en matière de luminosité, les fabricants recouraient à des verres au dioxyde de thorium, légèrement radioactifs, destinés à augmenter l’indice de réfraction, puis à des lentilles avec une surface asphérique, appelées à éliminer l’aberration sphérique. Si les éléments asphériques moulés permettaient d’obtenir des performances optiques très convenables aux grandes ouvertures, ils étaient aussi très chers à fabriquer, expliquant au moins en partie les tarifs très élevés du Canon FD 50 mm f/1, 2 L et du Nikon Noct-Nikkor 50 mm f/1, 2. Aujourd’hui, la construction optique des objectifs standards les plus performants s’écarte de la formule de type Planar laquelle n’autorise pas toujours un piqué optimal : le Zeiss Otus 55 mm f/1, 4 et le Sigma 50 mm f/1, 4 DG HSM Art arborent une formule optique de type retrofocus, jusque-là réservée aux seuls objectifs grands-angulaires. Les deux objectifs intègrent également un élément asphérique et plusieurs éléments en verres spéciaux, garantissant un piqué élevé et homogène, et ce, quelle que soit l’ouverture. En revanche, les autres objectifs standards contemporains doivent être vissés à f/5, 6 ou f/8 pour atteindre un piqué équivalent.